« Carl Menger, entre Aristote et Hayek », de Gilles Campagnolo

 

Critique non d’actualité mais espérant  – certes un peu tardivement  - délivrer une opinion moins méfiante que celle formulée par le journal Alternatives économiques, qui ne craint pas d’accuser l’auteur de l’ouvrage de « complicité » – est-ce un crime ? – avec la pensée autrichienne.

9782271066398.jpgComprendre l’école autrichienne passe par la pensée mengerienne et pourquoi pas par l’ouvrage de Gilles Campagnolo  : Carl Menger, entre Aristote et Hayek. Aux sources de l’économie moderne. Plutôt court (199 pages + annexes) mais d’une densité non négligeable, il permet de saisir la personnalité et la pensée d’un économiste encore méconnu en France (bien qu’étant à l’origine de la révolution marginaliste au même titre que Jevons et Walras), auteur en 1871 des Grundsätze (« principes d’économie politique »).

Aux sources de l’individualisme méthodologique 

Influencé par Aristote et les Lumières françaises et écossaises, Menger s’est opposé à la fois aux historicistes allemands comme Schmoller, qui considéraient que l’économie pouvait être comprise par l’observation des faits passés, et aux classiques comme Adam Smith, dont la conception de la valeur-travail s’est révélée inadéquate : ce n’est pas le temps accordé à la fabrication d’un bien qui fait sa valeur, mais la subjectivité propre à chaque individu, en fonction de ses besoins. L’économiste a ainsi grandement participé à l’émergence d’une loi générale de l’économie, introduisant les premières bases de l’individualisme méthodologique et proposant une théorie alternative aux deux écoles de pensée jusque là dominantes : c’est « la satisfaction des besoins recherchée au plan individuel qui est la cause du comportement économique de l’homme« . On retrouve ainsi dans ce postulat le paradigme de l’action humaine qui sera développé et élargi quelques décennies plus tard par Ludwig von Mises. Menger a néanmoins refusé l’utilisation systématique (c’est-à-dire allant au delà de l’économie politique) de cet individualisme méthodologique. Mises considèrera pourtant que la pensée mengerienne est praxéologique, notamment celle relative à l’origine de la monnaie.

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New Deal, raw deal

4154fipui2ljpg.jpgTrois petites pages. C’est la longueur de texte nécessaire à Serge Schweitzer, Professeur d’économie à l’Université Paul Cézanne (Aix), pour briser un mythe bien trop présent dans les esprits: le succès du New Deal. En effet, dans un article paru dans le livre Mythes et polémiques de l’histoire, intitulé Paradis artificiel et enfer des dealers, Schweitzer revient sur la politique interventionniste mise en place par Franklin Delanoe Roosevelt aux Etats-Unis afin de lutter contre la crise économique de 1929. Il était en effet estimé en 1930 que cette crise avait été causée par une instabilité inhérente au marché et que l’intervention du gouvernement était nécessaire pour rationaliser et stabiliser l’économie. Pour l’auteur, il est urgent de se débarasser aujourd’hui d’une telle croyance.

Comprendre 1929 pour interpréter 2009

Alors qu’on ne cesse de hurler à la « faillite du système« , à la nécessité de « moraliser le capitalisme » et qu’on aime à se référer à l’exemple du New Deal – qui serait la solution à tous nos problèmes -, il est bien utile de disséquer la construction d’un tel mythe. En effet,  »le New Deal est l’une des plus grandes escroqueries scientifiques des 50 dernières années« . Pourquoi?

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