Le site Nouvelles de France a lui aussi été intéressé par la création du Bulletin d’Amérique. Entretien:

Nouvelles de France: Quel est l’objectif du Bulletin d’Amérique ? Quel public visez-vous ?
EC: Le Bulletin d’Amérique aimerait avant tout être une interrogation sur la politique américaine, alors que les réponses les plus aberrantes circulent trop souvent à ce sujet. En plagiant deux grands penseurs, avec à la fois un peu de facilité et de prétention, j’aurais envie de dire que « nous savons que nous ne savons pas » et que nous tenterons de « passer de l’opinion à la connaissance ».
Cependant, nous sommes partis d’un constat : parce qu’un penchant jacobin incite souvent en France à se concentrer sur les institutions centrales (les partis, l’exécutif, les grandes universités), nous manquons souvent l’essentiel. Par exemple, il a fallu attendre plusieurs mois avant que les media français saisissent l’indépendance du mouvement Tea Party vis-à-vis du Parti républicain – et je ne parle même pas du reste. Parce que nous sommes habitués à voir notre histoire écrite par l’Etat, il semblerait que nous soyons incapables de percevoir qu’un peuple puisse tenter de prendre en main, librement et avec responsabilité, son destin politique. Afin d’éviter de tels errements, un effort sera fait pour donner la parole à des auteurs ou personnalités peu connues en France, issus d’instituts indépendants.
NdF: Politiquement, comment se situera-t-il ?
EC: Du côté du réalisme. La colère comme la fascination béate sont mauvaises conseillères. Il y a certes une admiration envers les Etats-Unis. Comment ne pas l’être devant ce pays qui a su projeter l’exemple de la cité grecque à l’échelle de son territoire ou qui semble né par et pour la Liberté ?
Naturellement, tout n’est pas idyllique dans ce pays. Cependant, les contributions d’auteurs qui divergent par leurs centres d’intérêts – de la Philosophie à l’économie en passant par la géostratégie – comme par leurs penchants politiques, devraient permettre de proposer une alternative à la culture mainstream, qui plaît à tous et à personne à la fois et qui n’a de culture que le nom. Si je devais trouver un dénominateur commun aux auteurs, disons qu’ils ont une sainte horreur du nihilisme et une attirance particulière à l’endroit de la Liberté.
NdF: Il est devenu courant d’entendre en France que le XXIème siècle serait le siècle des géants asiatiques et celui du déclin de l’Europe mais aussi des EU : partagez-vous ce constat ou jugez-vous qu’on enterre un peu vite les EU ? Qu’est-ce qui peut expliquer ce constat selon vous ?
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