Que proposeriez-vous immédiatement si la démocratie directe existait en France ?

 

buchanan.gifCommencer par une citation d’un grand auteur est très utile : c’est un peu comme relever son col pour se donner plus d’allure… donc, comme le disait James Buchanan :  »Le défi de notre époque n’est pas économique mais d’ordre institutionnel et politique. Il est d’imaginer une nouvelle technologie politique, de nouveaux modes d’expression démocratique qui permettent de domestiquer la montée envahissante d’une caste de bureaucrates privilégiés » [1]. Il semble que certains l’aient pris au mot. Lars Feld et Gebhard Girchgässner ont ainsi développé une étude approfondie de la démocratie directe selon les canons de l’école du Public Choice, comme le relève Yvan Blot, qui est sans doute le seul spécialiste de la question en France.

Alors, après un petit billet, et histoire de faire vivre un peu le débat sur ce thème dans la blogosphère, je démarre une chaîne: Que proposeriez-vous immédiatement si la démocratie directe existait en France ? Evidemment, vous avez le choix entre deux mécanismes : tout d’abord une initiative populaire, moteur à l’inertie de la classe politique et, d’autre part, un veto qui n’est rien d’autre qu’un frein quelquefois bien utile. Pour jouer le jeu, il est possible d’élargir le principe tout en respectant quelques contraintes : agir dans une démocratie directe n’est pas aussi simple que proposer une Loi lorsqu’on est chef d’Etat. Il est bien plus nécessaire – et difficile – de convaincre, compte tenu d’une position moins avantageuse : le responsable d’un groupe de pression n’est pas Président d’une République. Yvan Blot faisait d’ailleurs remarquer récemment que, la plupart du temps, les initiatives échouaient. Aussi, il convient de rentrer dans le cadre de la Constitution et, accessoirement, dans le champ de la Loi. Alors, inutile d’entrer dans certains délires, par exemple en envisageant la dissolution de l’Assemblée.

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« Carl Menger, entre Aristote et Hayek », de Gilles Campagnolo

 

Critique non d’actualité mais espérant  – certes un peu tardivement  - délivrer une opinion moins méfiante que celle formulée par le journal Alternatives économiques, qui ne craint pas d’accuser l’auteur de l’ouvrage de « complicité » – est-ce un crime ? – avec la pensée autrichienne.

9782271066398.jpgComprendre l’école autrichienne passe par la pensée mengerienne et pourquoi pas par l’ouvrage de Gilles Campagnolo  : Carl Menger, entre Aristote et Hayek. Aux sources de l’économie moderne. Plutôt court (199 pages + annexes) mais d’une densité non négligeable, il permet de saisir la personnalité et la pensée d’un économiste encore méconnu en France (bien qu’étant à l’origine de la révolution marginaliste au même titre que Jevons et Walras), auteur en 1871 des Grundsätze (« principes d’économie politique »).

Aux sources de l’individualisme méthodologique 

Influencé par Aristote et les Lumières françaises et écossaises, Menger s’est opposé à la fois aux historicistes allemands comme Schmoller, qui considéraient que l’économie pouvait être comprise par l’observation des faits passés, et aux classiques comme Adam Smith, dont la conception de la valeur-travail s’est révélée inadéquate : ce n’est pas le temps accordé à la fabrication d’un bien qui fait sa valeur, mais la subjectivité propre à chaque individu, en fonction de ses besoins. L’économiste a ainsi grandement participé à l’émergence d’une loi générale de l’économie, introduisant les premières bases de l’individualisme méthodologique et proposant une théorie alternative aux deux écoles de pensée jusque là dominantes : c’est « la satisfaction des besoins recherchée au plan individuel qui est la cause du comportement économique de l’homme« . On retrouve ainsi dans ce postulat le paradigme de l’action humaine qui sera développé et élargi quelques décennies plus tard par Ludwig von Mises. Menger a néanmoins refusé l’utilisation systématique (c’est-à-dire allant au delà de l’économie politique) de cet individualisme méthodologique. Mises considèrera pourtant que la pensée mengerienne est praxéologique, notamment celle relative à l’origine de la monnaie.

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