Rencontre avec Bill Kristol 14 mai
Les récents commentaires de Maxime Zjelinski et de Roman Bernard sur le néoconservatisme m’ont fait – une nouvelle fois - penser à la bourse tocqueville. Je sais, l’évoquer sans cesse tourne à l’obsession. Mais, ayant eu l’occasion de rencontrer William Kristol (fils d’Irving Kristol et lui-même fondateur du Weekly Standard), je vais me permettre quelques impressions supplémentaires.
L’entrevue eut lieu en juillet dernier dans son bureau, dans le même immeuble que l’American Enterprise Institute. Tapissée de livres, la pièce avait plutôt des airs de bibliothèque. Derrière son imposant bureau, Kristol -col ouvert et sourire aux lèvres- accepta d’échanger quelques opinions. Mais, pour tout vous vous dire, la rencontre s’avéra assez décevante. Rencontrer un pape du paysage intellectuello-politique américain aurait dû être productif mais, malheureusement, la discussion ne fut qu’un échange de vue courtois sur la situation politique dans l’Hexagone. Pourtant au fait de ce qui s’y trame, Bill Kristol semblait -par politesse ?- curieux d’en avoir des nouvelles et -en bon journaliste?- préféra nous interroger. Une sorte de distance, de refus de pousser plus avant la discussion s’était installé spontanément et il fut pour nous impossible d’inverser la tendance, d’évoquer la substance de ses chroniques ou ouvrages et ainsi le fond de sa pensée.
Kristol évoqua rapidement son dernier passage à Paris et à la télévision française, sur le plateau d’une émission dont il avait oublié le nom (« a leftist one« ) et qui s’avéra être celle d’Ardisson. Trente minutes plus tard, au moment de partir, un de nous demanda une photo souvenir. Il accepta naturellement, rajusta sa chemise et soupira en substance « then you can do whatever you want with it, even burn it« .













