Quand le Figaro défend l’indéfendable Obama 25 août
Le Figaro sort l’artillerie lourde contre les conservateurs américains : deux longues pages, dont un article intitulé le parti républicain se saisit des peurs de l’Amérique blanche * ainsi qu’un éditorial de Pierre Rousselin. De quoi décevoir et confirmer la position anti-libérale d’un quotidien trop souvent étiqueté à droite. Comme d’habitude en France, il est bien pratique de tirer à boulets rouges sur une frange minoritaire pour mieux discréditer un vaste mouvement d’opinion, sans prendre le temps de s’appesantir ni sur les réelles origines de la contestation ni sur le fond du problème.
Amalgames, approximations et confusions
Il n’est question, dans les articles de Laure Mandeville (correspondante du Figaro à Washington), que d’ « organisations radicales de la droite américaine« , de « Fox news » (leur « relais médiatique« ) et de Sarah Palin, « sorte de Ségolène Royal inversée drapée dans les valeurs sociales conservatrices ». Le cliché est parfait, d’une vulgarité risible. On en viendrait presque à penser que le Klu Klux Klan est de retour. Plutôt que de tenter une analyse impartiale, le Figaro préfère caricaturer à outrance et se concentrer sur des figures médiatiques, nourrissant de cette manière les amalgames et confusions entre républicanisme et conservatisme, ultra traditionnalisme et conservatisme.
Plus encore, les seuls intellectuels conservateurs cités dans l’article semblent avoir pour seule utilité que de mieux décridibiliser le mouvement : ainsi en est-il de John Gizzi, du journal Human Events (en photo lors de la Bourse Tocqueville), critiquant – à juste titre – « l’atrophie » du parti républicain et ses similitudes avec le PS français. Mais l’éditorialiste fait ici référence à un parti, non au mouvement conservateur. En effet, l’un est à distinguer de l’autre tant l’aspect monolithique et la perte de vitesse du parti républicain cachent la diversité et le retour en forme d’un mouvement conservateur et/ou libertarien qui, lui, est totalement indépendant (ex: freedom works, bureaucrash, national right to life, etc).
L’Amérique que nous devrions aimer
Ainsi, pas un mot n’explicite la fantastique tradition américaine, celle dont Tocqueville a su faire l’éloge, faite de scepticisme à l’égard du pouvoir central. Pas une syllabe ne fait référence aux véritables conservateurs et aux libertariens, opposés au socialisme d’Obama, qui battent le pavé et réclament à corps et à cri moins d’Etat, moins de bureaucratie et plus de liberté individuelle, dans la plus pure tradition constitutionnaliste et libérale américaine, issue de leur Indépendance. Bien évidemment, après avoir passé sous silence ces « détails », les opposants à l’Obamacare ne peuvent apparaître que comme les partisans d’une opposition politique systématique et irraisonnée, téléguidée par le parti… (Le diagramme ci-joint témoigne de la réelle ampleur de l’opposition)
Par ailleurs, Pierre Rousselin n’approfondit pas l’analyse. Pour lui, la réforme du système de santé est « toujours aussi nécessaire et toujours aussi difficile à faire passer« . Il préfère souligner les maladresses ou l’inexpérience d’Obama, voire son incapacité à formuler une réforme concrète. Sous entend t-il que l’alternative démocrate est la seule plausible?
Que penser réellement de l’Obamacare?
Bien entendu, Laure Mandeville a, elle, déjà tranché la question, écrivant que « l’option d’assurance publique facultative proposée par Obama a été érigée en danger mortel » (sic), comme si toute opposition ne pouvait être que politique ou extrémiste. Heureusement, il est aujourd’hui possible de ne plus avoir à payer pour lire le Figaro…
Car BO a été incapable d’expliquer comment il financerait son programme. Force est de constater que cela lui sera impossible sans taxation supplémentaire. Alors comment peut-on considérer la réforme comme « optionnelle » ou « facultative »? Dans de telles circonstances, même ceux qui n’en veulent pas seront amenés à la payer et donc à cotiser doublement (leur propre assurance, « privée », ainsi que cette « option obligatoire »!). Ce système est ainsi pire que le catastrophique et liberticide « modèle » par répartition français nous ayant conduit au « trou de la sécu ». En effet, malgré tous ses défauts (qui devraient nous conduire à faire le choix d’un système par capitalisation individuelle), chacun peut espérer avoir un retour sur sa cotisation. Aussi, que penser de cette intervention étatique, si ce n’est qu’elle fausse encore plus le jeu de la concurrence, empêchant toute possibilité d’équilibre entre l’offre et la demande?
L’avortement, un détail d’importance
Les militants pro-life sont sans doute les plus virulents. La réforme permettrait en effet le remboursement des IVG par le système de santé, ce qui reviendrait à centraliser à Washington la gestion de l’avortement. On glisse ainsi du terrain du droit vers celui de l’interventionnisme: par le remboursement, les bureaucrates seraient susceptibles d’encourager une pratique au lieu de laisser libre cours à l’expression des consciences individuelles. Les pro-life ont en conséquence de quoi hurler : par le truchement des prélèvements, ils paieront pour ce qu’ils abhorrent.
Eh oui : « l’Etat est cette grande fiction sociale à travers laquelle chacun essaie de vivre aux dépens des autres« …
Les conservateurs ne sont en rien partisans du statu quo. RDV dans les prochains jours pour une étude de l’alternative proposée par la société civile.
* A noter que le titre de la version papier diffère de celle mise en ligne.













pierre emm 27 août
le figaro me decoit tjr plus. leur serie de l’ete sur les etats unis et les americains etait aberrante, bourree de relativisme.
Criticus 19 novembre
« Heureusement, il est aujourd’hui possible de ne plus avoir à payer pour lire le Figaro… »
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300 millions d’euros par an.