Que proposeriez-vous immédiatement si la démocratie directe existait en France ?

 

buchanan.gifCommencer par une citation d’un grand auteur est très utile : c’est un peu comme relever son col pour se donner plus d’allure… donc, comme le disait James Buchanan :  »Le défi de notre époque n’est pas économique mais d’ordre institutionnel et politique. Il est d’imaginer une nouvelle technologie politique, de nouveaux modes d’expression démocratique qui permettent de domestiquer la montée envahissante d’une caste de bureaucrates privilégiés » [1]. Il semble que certains l’aient pris au mot. Lars Feld et Gebhard Girchgässner ont ainsi développé une étude approfondie de la démocratie directe selon les canons de l’école du Public Choice, comme le relève Yvan Blot, qui est sans doute le seul spécialiste de la question en France.

Alors, après un petit billet, et histoire de faire vivre un peu le débat sur ce thème dans la blogosphère, je démarre une chaîne: Que proposeriez-vous immédiatement si la démocratie directe existait en France ? Evidemment, vous avez le choix entre deux mécanismes : tout d’abord une initiative populaire, moteur à l’inertie de la classe politique et, d’autre part, un veto qui n’est rien d’autre qu’un frein quelquefois bien utile. Pour jouer le jeu, il est possible d’élargir le principe tout en respectant quelques contraintes : agir dans une démocratie directe n’est pas aussi simple que proposer une Loi lorsqu’on est chef d’Etat. Il est bien plus nécessaire – et difficile – de convaincre, compte tenu d’une position moins avantageuse : le responsable d’un groupe de pression n’est pas Président d’une République. Yvan Blot faisait d’ailleurs remarquer récemment que, la plupart du temps, les initiatives échouaient. Aussi, il convient de rentrer dans le cadre de la Constitution et, accessoirement, dans le champ de la Loi. Alors, inutile d’entrer dans certains délires, par exemple en envisageant la dissolution de l’Assemblée.

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L’extrait de la semaine : Centralisme et décentralisme, par Wilhelm Röpke

 

Après Conditions préalables et limites du marché publié fin décembre, voici un nouvel extrait d’Au-delà de l’offre et de la demande.

ropke2.jpgLe centraliste est en même temps le rationnaliste social que nous avons déjà rencontré plus haut. L’homme individuel devient, vu de ses centrales, petit et finalement un chiffre de la statistique, un matériau, une grandeur mathématique que l’on met de force en équation ; il devient quelque chose que l’on peut « remodeler », bref qui menace de n’être plus pris en considération. Nous savons également qu’il n’en juge que d’une façon plus optimiste le succès de ses constructions et de ses changements. A l’opposé, le « décentraliste », parce qu’il compte avec l’homme et qu’en même temps il connaît et respecte l’histoire, est sceptique, pessimiste même ; de toute façon il part de la nature humaine sans faire de sentiment et de façon réaliste. D’où le caractère doctrinaire du centraliste, et celui non doctrinaire du « décentraliste ». Celui-ci préfère s’en tenir à des principes confirmés ; il se décide en vertu d’une hiérarchie des valeurs et des règles, en s’appuyant sur la raison et une sage réflexion, plus qu’en vertu des passions et des sentiments ; il est enraciné dans des convictions inébranlables pour lesquelles il n’exige aucune preuve, sachant qu’il serait absurde de ne pas y croire.

On comprend maintenant que le « centraliste » n’en est pas moins un moraliste, un moraliste du genre facile et rhétorique, enclin à pousser l’abus des grands mots de liberté, justice, droits des hommes jusqu’à la phraséologie ; c’est un parangon de vertus, dont le propre est d’utiliser son moralisme comme arme politique et de faire passer son adversaire, qui a plus de retenue, pour moralement inférieur. Comme il voît les choses de haut, en négligeant la réalité de l’homme concret, son moralisme relève d’un intellectualisme abstrait. C’est le moralisme de ces gens qui se croient moralement supérieurs aux autres dès qu’ils font de la morale un usage inconsidéré, qu’ils formulent de grandes exigences, sans se soucier des conditions réelles et des conséquences possibles. Ils ne semblent pas comprendre que les autres n’en sont pas plus mauvais, parce qu’ils sont conscients de la dure réalité et connaissent les complications et les difficultés de l’éthique concrète, de l’éthique pratique, où si souvent celui qui veut le bien fait le mal.

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Vidéos: Patricia Commun – Le libéralisme de Wilhelm Röpke

 

Commentaires de Madame Patricia Commun (ENS Ulm, Professeur à l’Université Cergy-Pontoise, Germaniste) :

L’influence de Wilhelm Röpke, son ouvrage Au-delà de l’offre et de la demande : 

http://www.dailymotion.com/video/xb7hei

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« Carl Menger, entre Aristote et Hayek », de Gilles Campagnolo

 

Critique non d’actualité mais espérant  – certes un peu tardivement  - délivrer une opinion moins méfiante que celle formulée par le journal Alternatives économiques, qui ne craint pas d’accuser l’auteur de l’ouvrage de « complicité » – est-ce un crime ? – avec la pensée autrichienne.

9782271066398.jpgComprendre l’école autrichienne passe par la pensée mengerienne et pourquoi pas par l’ouvrage de Gilles Campagnolo  : Carl Menger, entre Aristote et Hayek. Aux sources de l’économie moderne. Plutôt court (199 pages + annexes) mais d’une densité non négligeable, il permet de saisir la personnalité et la pensée d’un économiste encore méconnu en France (bien qu’étant à l’origine de la révolution marginaliste au même titre que Jevons et Walras), auteur en 1871 des Grundsätze (« principes d’économie politique »).

Aux sources de l’individualisme méthodologique 

Influencé par Aristote et les Lumières françaises et écossaises, Menger s’est opposé à la fois aux historicistes allemands comme Schmoller, qui considéraient que l’économie pouvait être comprise par l’observation des faits passés, et aux classiques comme Adam Smith, dont la conception de la valeur-travail s’est révélée inadéquate : ce n’est pas le temps accordé à la fabrication d’un bien qui fait sa valeur, mais la subjectivité propre à chaque individu, en fonction de ses besoins. L’économiste a ainsi grandement participé à l’émergence d’une loi générale de l’économie, introduisant les premières bases de l’individualisme méthodologique et proposant une théorie alternative aux deux écoles de pensée jusque là dominantes : c’est « la satisfaction des besoins recherchée au plan individuel qui est la cause du comportement économique de l’homme« . On retrouve ainsi dans ce postulat le paradigme de l’action humaine qui sera développé et élargi quelques décennies plus tard par Ludwig von Mises. Menger a néanmoins refusé l’utilisation systématique (c’est-à-dire allant au delà de l’économie politique) de cet individualisme méthodologique. Mises considèrera pourtant que la pensée mengerienne est praxéologique, notamment celle relative à l’origine de la monnaie.

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