“Take the Neo out of conservative” : règlements de compte dans la presse conservatrice américaine

 

La querelle continue…. Vidéo promue par le magazine Paleo-conservateur The American Conservative de Pat Buchanan, visant notamment l'équipe du Weekly Standart, dirigée par Bill Kristol.

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Henri Lepage à la RdB : “l’école du Public choice a été une révélation”

 

lepage11.jpgL'économiste et Président de l'Institut Turgot Henri Lepage a présenté à la dernière RdB sa réflexion sur l’actualité de son premier ouvrage,  Demain le capitalisme, paru en 1978. Vendu à 40.000 exemplaires, ce livre avait été pensé comme un travail de vulgarisation, sans pour autant écarter la rigueur intellectuelle, dans un contexte fortement marqué par les élections de 1978. Henri Lepage travaillait à l’Institut de l’entreprise, alors que le discours porté par Michel Rocard était celui de l’autogestion. Le climat ambient, la pensée au sein du patronat (qui avait fait le choix de bannir le terme “capitalisme”) et un discours de droite étato-capitaliste rendait la vie intellectuelle “très mièvre”.

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L’extrait de la semaine : l’effondrement de la mystique étatique, par Murray Rothbard

 

Extrait de L'éthique de la Liberté, traduction française de 1991

rothbardchalkboard.jpgPeut-être le signe le plus évident et l'indication la plus encourageante de l'effondrement de la mystique étatique se trouvent-ils dans les révélations du Watergate en 1973 et 1974. Car cette affaire a provoqué un changement radical dans les attitudes de tout le monde - quelle que soit leur idéologie particulière - vis-à-vis des hommes de l'Etat eux-mêmes. Le Watergate a ouvert les yeux des gens sur leurs atteintes à la liberté personnelle. Mieux encore, en provocant la révocation du Président, l'affaire a désacrilisé pour toujours une fonction que la population américaine condisérait comme quasi souveraine. Mais le meilleur de l'affaire est la désacralisation de l'Etat en tant que tel qui en est résultée. On ne fait plus confiance à aucun politicien ou représentant de l'Etat ; on considère tout pouvoir public avec hostilité, revenant ainsi à la saine méfiance envers les hommes de l'Etat qui caractérisait la population et les révolutionnaires américains du XVIIIème siècle. A la suite du Watergate, personne aujourd'hui n'oserait proclamer que “l'Etat, c'est nous”, ce qui revenait à dire que tout ce que faisaient les dirigeants élus était légitime et acceptable. La condition la plus cruciale pour le succès de la liberté réside dans la désacralisation, la délégitimisation de l'Etat aux yeux de la population et cela, le Watergate y est parvenu.

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Du changement pour Aequalis : une rencontre Paris-Marseille d’un autre genre ?

 

untitled.bmpAequalis va connaître une légère mutation… suivant l'exemple de The Becker-Posner blog, cette page sera désormais écrite à deux mains claviers : Jean-Baptiste Jaussaud se joint à mon petit effort de partager avis et infos libérales ou libertariennes sur internet. Président de la fédération Aix-Marseille de Liberté Chérie, JBJ suit un triple cursus universitaire en Economie, droit et communication. Il réalise dans ce cadre une étude sur le cadre institutionnel de l'Union pour la Méditérannée. Aussi, il a créé les entreprises Mediterraneacom et JBJ conseil et sera dans quelques semaines à Washington DC pour mener plusieurs expériences, l'une auprès de l'équipe de Ron Paul et l'autre au sein du CATO Institute. Mais, surtout, il habite à 50 mètres du vieux port. C'est donc un Marseillais, un vrai, qui aime à répéter que “Marseille était déjà une grande cité commerçante alors que Paris n'était qu'un petit village coincé sur une île“! Bref, Gary Becker et Richard Posner n'ont qu'à bien se tenir…

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La logique de la société civile

 

marchevie01fr6.jpgThibaud du “portail de réinformation” e-deo a repris récemment un court extrait de ce blog pour présenter - lui aussi - un entretien avec SF de la liste Plan d'urgence pour l'Ile-de-France, qui se prépare aux élections régionales. Evidemment, ce blog témoigne souvent de la grande distance qui sépare traditionnalisme et libéralisme. Néanmoins, je suis toujours impressionné par le grand professionnalisme de Thibaud : le jeu de questions/réponses révèle la grande finesse de quelqu'un qui excelle dans le lobbying des valeurs. Alors que les traditionnalistes sont souvent pointés du doigt pour leur ringardise, on ne peut nier qu'il appartient à une nouvelle génération qui maîtrise parfaitement les trucs et astuces de la communication politique. Par exemple, cette capacité à écorner la réputation des dirigeants, en relevant leurs propos qui touchent directement à son domaine d'action : Valérie Pécresse en a fait récemment les frais ; les lecteurs d'e-deo ont ainsi été encouragés à se détourner définitivement d'elle.

Aussi, on remarquera que l'entretien avec SF lui permet de forcer ce dernier à se conformer plus ou moins à l'opinion de ces mêmes lecteurs : pourtant libéral, ce qui devrait permettre un certain mépris pour l'utilisation du levier de l'action de la puissance publique, il envisage que “l'avortement en revanche est un drame qu'il faut tenter d'éviter en forçant la collectivité à offrir une alternative aux femmes qui sont dans cette détresse“. Qu'il soit un drame, certes : il est évident que l'avortement est loin d'être une partie de plaisir. Mais de là à forcer la collectivité par des mesures redistributives, il y a un saut qualitatif bien peu libéral. Bref, passons, ce billet ne souhaite pas re-ouvrir le débat sur ce sujet. Il s'agit de pousser plus avant une compréhension de la stratégie d'influence.

L'influence de la société civile

On peut résumer le jeu politique hexagonal par un très simple mécanisme : tout consiste à trouver - voire même à attendre - le candidat idéal, en espérant qu'il parvienne, une fois élu, à mettre en oeuvre les réformes attendues. Outre-Atlantique, la politique prend ainsi une autre tournure : en amont du parti républicain, le mouvement conservateur américain, bien plus hétérogène qu'on ne peut le croire, regroupant souvent difficilement libertariens, paléo-conservateurs, traditionnalistes ou néo-conservateurs, a oeuvré dans le sens d'une plus forte pression de la société civile depuis 1964 et la défaite de Barry Goldwater. Celui-ci, dont la campagne avait révélé le retour de la pensée libertarienne au sein du conservatisme américain, est écrasé, ne s'imposant que dans six Etats. A cette date encore, le Texas votait démocrate. Pourtant, il est assez impressionnant de saisir à quel point un candidat défait a pu influencer la pensée politique américaine : c'est à partir de cet événement que le mouvement conservateur a commencé à se former.

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Hayek - vs - Keynes… en rap!

 

Ou comment vraiment mieux comprendre que Keynes avait tort…

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L’extrait de la semaine : L’homo etaticus selon les Public choicers, par Henri Lepage

 

Extrait de Demain le capitalisme, écrit en 1978 par Henri Lepage. Celui-ci interviendra le 2 février dans le cadre de la RdB co-organisée par le réseau LHC.

 

lepage.jpgAuteur d'un ouvrage fondamental intitulé The Economics of Welfare (l'économie du bien‑être), publié à Londres en 1920, Arthur Pigou est, sinon l'inventeur du concept d' « externalités » (que l'on trouve déjà chez un auteur très classique comme Alfred Marshall), du moins le premier à avoir introduit les notions d'externalités et de coûts sociaux comme base de l'économie publique. A ce titre, il est le père des théories qui servent de fondement au développement des interventions collectives dans l'économie. L'apport de Pigou est simple. Il part d'une constatation : à savoir que les marchés sont loin  d'être aussi parfaits que ceux que décrit la théorie néo‑classique. Des gaspillages apparaissent du fait que les agents économiques ne sont pas en mesure de prendre en compte, dans leurs décisions, un certain nombre de conséquences non‑marchandes de leurs actes qui constituent pourtant un « coût » pour la société (exemple des phénomènes de pollution). Autrement dit, le libre fonctionnement des mécanismes de marché n'entraîne pas nécessairement des résultats aussi « optimaux » que le suppose l'approche classique. La solution du marché n'est pas toujours la « meilleure possible ». Des interventions « collectives » doivent intervenir pour corriger les « défauts » qui, dans l'allocation des ressources, résultent des écarts existant entre les hypothèses du modèle de la concurrence parfaite et la réalité : présence de monopoles et de positions dominantes ; non‑indépendance des choix individuels, problème des « biens publics » qui ne peuvent pas être vendus individuellement sur le marché et qui sont « consommés » collectivement, etc. L'extension du rôle économique de l'Etat est alors légitimée par la nécessité d'« internaliser » les externalités croissantes qui résultent du fonctionnement des systèmes industriels. C'est à lui que revient la responsabilité de veiller à ce que, en corrigeant les « défauts » du marché, l'utilisation des ressources de la société soit bien, du point de vue de la collectivité, la plus « efficace » possible.

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“he didn’t try to get socially conservative votes, he didn’t run on national security issues. He ran against big government”

 

Les instincts libertariens des jeunes conservateurs américains pouvaient déjà être sentis en juillet dernier à Washington DC. Plus de six mois plus tard, la victoire historique de Scott Brown dans le Massachussets révèle t-elle une révolution libertarienne ou un retour à ce que les américains définissent comme le Paléoconservatisme, débarrassé de la logique sécuritaire du néoconservatisme ou du pater-étatisme traditionnaliste ?

Histoire de continuer un peu sur la politique américaine : comment les électeurs libertariens se comporteront-ils lors des prochaines élections ? Les conservateurs se tourneront-ils vers un conservatisme fortement teinté de libertarianisme, comme celui de Barry Goldwater ?

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Que proposeriez-vous immédiatement si la démocratie directe existait en France ?

 

buchanan.gifCommencer par une citation d'un grand auteur est très utile : c'est un peu comme relever son col pour se donner plus d'allure… donc, comme le disait James Buchanan : ”Le défi de notre époque n'est pas économique mais d'ordre institutionnel et politique. Il est d'imaginer une nouvelle technologie politique, de nouveaux modes d'expression démocratique qui permettent de domestiquer la montée envahissante d'une caste de bureaucrates privilégiés” [1]. Il semble que certains l'aient pris au mot. Lars Feld et Gebhard Girchgässner ont ainsi développé une étude approfondie de la démocratie directe selon les canons de l'école du Public Choice, comme le relève Yvan Blot, qui est sans doute le seul spécialiste de la question en France.

Alors, après un petit billet, et histoire de faire vivre un peu le débat sur ce thème dans la blogosphère, je démarre une chaîne: Que proposeriez-vous immédiatement si la démocratie directe existait en France ? Evidemment, vous avez le choix entre deux mécanismes : tout d'abord une initiative populaire, moteur à l'inertie de la classe politique et, d'autre part, un veto qui n'est rien d'autre qu'un frein quelquefois bien utile. Pour jouer le jeu, il est possible d'élargir le principe tout en respectant quelques contraintes : agir dans une démocratie directe n'est pas aussi simple que proposer une Loi lorsqu'on est chef d'Etat. Il est bien plus nécessaire - et difficile - de convaincre, compte tenu d'une position moins avantageuse : le responsable d'un groupe de pression n'est pas Président d'une République. Yvan Blot faisait d'ailleurs remarquer récemment que, la plupart du temps, les initiatives échouaient. Aussi, il convient de rentrer dans le cadre de la Constitution et, accessoirement, dans le champ de la Loi. Alors, inutile d'entrer dans certains délires, par exemple en envisageant la dissolution de l'Assemblée.

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L’extrait de la semaine : Centralisme et décentralisme, par Wilhelm Röpke

 

Après Conditions préalables et limites du marché publié fin décembre, voici un nouvel extrait d'Au-delà de l'offre et de la demande.

ropke2.jpgLe centraliste est en même temps le rationnaliste social que nous avons déjà rencontré plus haut. L'homme individuel devient, vu de ses centrales, petit et finalement un chiffre de la statistique, un matériau, une grandeur mathématique que l'on met de force en équation ; il devient quelque chose que l'on peut “remodeler”, bref qui menace de n'être plus pris en considération. Nous savons également qu'il n'en juge que d'une façon plus optimiste le succès de ses constructions et de ses changements. A l'opposé, le “décentraliste”, parce qu'il compte avec l'homme et qu'en même temps il connaît et respecte l'histoire, est sceptique, pessimiste même ; de toute façon il part de la nature humaine sans faire de sentiment et de façon réaliste. D'où le caractère doctrinaire du centraliste, et celui non doctrinaire du “décentraliste”. Celui-ci préfère s'en tenir à des principes confirmés ; il se décide en vertu d'une hiérarchie des valeurs et des règles, en s'appuyant sur la raison et une sage réflexion, plus qu'en vertu des passions et des sentiments ; il est enraciné dans des convictions inébranlables pour lesquelles il n'exige aucune preuve, sachant qu'il serait absurde de ne pas y croire.

On comprend maintenant que le “centraliste” n'en est pas moins un moraliste, un moraliste du genre facile et rhétorique, enclin à pousser l'abus des grands mots de liberté, justice, droits des hommes jusqu'à la phraséologie ; c'est un parangon de vertus, dont le propre est d'utiliser son moralisme comme arme politique et de faire passer son adversaire, qui a plus de retenue, pour moralement inférieur. Comme il voît les choses de haut, en négligeant la réalité de l'homme concret, son moralisme relève d'un intellectualisme abstrait. C'est le moralisme de ces gens qui se croient moralement supérieurs aux autres dès qu'ils font de la morale un usage inconsidéré, qu'ils formulent de grandes exigences, sans se soucier des conditions réelles et des conséquences possibles. Ils ne semblent pas comprendre que les autres n'en sont pas plus mauvais, parce qu'ils sont conscients de la dure réalité et connaissent les complications et les difficultés de l'éthique concrète, de l'éthique pratique, où si souvent celui qui veut le bien fait le mal.

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Gainsbourg, la clope et la censure

 

D'une semaine à l'autre, la censure intervient…

affichefilmgainsbourgvieheroique.jpg  1915225886449852166545852132334468239710n.jpg 

(photo mobile : Jean-Paul Ney)

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Haïti : choisir la charité et non le paternalisme

 

73f7525602ea11dfbb3128ae5341ab18.jpgPour certains, près de 100.000 êtres humains sont sans doute décèdés dans la tragédie d'Haïti. L'administration Obama s'est précipitée: 10.000 soldats iront reconstruire le pays. Bill Clinton, missionné par les Nations Unies, pense déjà à un gigantesque plan afin de sortir Haïti des décombres. Mais il convient de ne pas oublier des données essentielles : Haïti est le pays le plus pauvre d'Amérique ; avant le séisme, son taux de chômage s'élevait à 65% de la population active et 80% de la population vivait en-deçà du seuil de pauvreté. Le secteur agricole restait prédominant. Surtout, l'instabilité gouvernementale depuis deux siècles maintenait le pays dans l'incertitude de la corruption et de la violence des gangs. Les haïtiens n'avaient que peu de confiance en leur système judiciaire. La prospérité semblait impossible : monter une entreprise nécessitait 195 jours. L'impôt sur le revenu s'élevait à 30%, celui sur les société à 35% et le taux d'inflation était particulièrement élevé, avoisinant les 11% depuis 2005. Aussi, la crise alimentaire au Printemps 2008 avait conduit à un état quasi-insurrectionnel.

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Entretien avec Serge Federbusch, candidat aux régionales sur la liste “plan d’urgence pour l’Ile-de-France”

 

6a0120a7bc3ccd970b012876ce70f3970c800wi1.jpgSerge Federbusch est un éternel mécontent. Enarque, il n'hésite pas à vertement tancer l'énarchie. Ancien socialiste et collaborateur de Delanoë, il claque la porte de son cabinet et créé le site satirique Delanopolis, qui collectionne les chroniques au vitriol disséquant la politique catastrophique du maire de Paris. Rejoignant la Gauche moderne, il est élu sur les listes UMP aux municipales de 2008. Mais, aujourd'hui, il mène avec Aurélien Véron (Président du Parti Libéral Démocrate) et le mouvement des réformateurs la liste “Un plan d'urgence pour l'Ile de France“, en espérant bien jouer les trouble-fêtes.  Serge Federbusch est un militant, un vrai, et se qualifie de “libéral de gauche”. On aurait du mal à le contredire, lui qui compte le créateur du Centre d'étude du libéralisme francophone parmi ses proches et qui, déjà, semble s'attirer la curiosité du Cri, le journal des contribuables, pourtant habitué aux critiques acerbes.

Serge, vous avez fait le choix d'une liste autonome… est-ce qu'emmerder le monde, au fond, vous amuse ?

Ceux qui emmerdent le monde, ce sont ceux qui sont responsables des conditions déplorables dans lesquelles les Franciliens sont transportés, dans le RER ou le métro ; ce sont ceux qui gaspillent l'argent de la région, augmentent massivement les dettes et les impôts, ne font rien de réel pour résoudre la crise du logement. Si nous devons emmerder quelqu'un, alors emmerdons les emmerdeurs ! Lisez notre Plan d'Urgence, il fourmille d'idées percutantes et originales.

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L’extrait de la semaine - Frédéric Bastiat contre Proudhon, par Gustave de Molinari

 

L'Institut Charles Coquelin vient d'éditer le premier des sept tomes des Oeuvres complètes de Frédéric Bastiat, sous la direction de Jacques de Guenin. Il contient, entre autres, l'éloge funèbre de Gustave de Molinari, publiée en 1851 dans le Journal des économistes, dont ce passage est extrait :

bastiat2b.jpgA l'Assemblée, Bastiat ne s'était inféodé à aucun parti. Il avait voulu conserver pleinement son libre arbitre, et sur tout question il donnait, non un vote de parti, mais un vote de conscience. Toutefois, il s'était sincérement rallié à la République. Il ne l'avait pas appelée, car il n'attribuait pas une importance exagérée à la question de la forme du gouvernement; mais, à ses yeux, c'était le devoir de tout bon citoyen de travailler à maintenir des institutions que les représentants du pays avaient acceptées d'un accord unanime. Il avait confiance dans le suffrage universel, et il ne voulut point consentir à le restreindre. Cependant, il ne dissimulait pas les dangers que les erreurs généralement répandues du protectionnisme et du communisme pouvaient faire courir à un pays où les masses avaient été soudainement appelées à se gouverner elles-mêmes. Aussi employait-il le peu qui lui restait de forces et de vie à les éclairer sur leurs droits et sur leurs intérêts. Il commença, dans ce but, la publication de l'admirable série de pamphlets qui s'ouvre à Propriété et loi, Justice et fraternité pour se fermer hativement, hélas! à Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas. Dans ces petits écrits, où les notions élémentaires de l'économie politique et du droit naturel se trouvent exposées avec une éblouissante clarté, où les fausses doctrines du protectionnisme et du communisme sont réfutées avec une inimitable verve, Bastiat s'efforçait de donner aux masses, émancipées d'hier, les lumières qui leur étaient indispensables pour bien pratiquer le self-government ; il leur montrait les écueils redoutables sur lesquels une ignorance présomptueuse pouvait les faire échouer, et il leur signalait la route à suivre pour les éviter.

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Théories de la population et société de masse… ou Hayek contre Röpke ?

 

foule.gifLe libéralisme n'est pas homogène et doit faire face à des paradoxes. Ainsi, au point de rencontre entre libéralisme autrichien et ordolibéralisme plus conservateur - l'un et l'autre n'étant pas dépourvus de connexions -, on peut compter celui faisant se rencontrer théories de la population et société de masse moderne. En effet, si certains libéraux ont fait le choix de souligner la nécessité d'un accroissement du  nombre d'individus, d'autres ont regretté l'émergence d'une société où l'accroissement de la population, couplé à sa concentration, ferait perdre à l'individu conscience de lui même. La Liberté individuelle ne signifierait plus grand chose. Devant cette question, on aurait pu croire que les membres de l'école autrichienne, plus enclins à une origine éthique de la Liberté, fassent le choix d'un total laissez-faire et non d'une course au nombre. Mais l'avis autrichien est plus marqué, comme le relève ce passage de L'école autrichienne, marché et créativité entrepreneuriale de Jesùs Huerta de Soto (Editions Charles Coquelin) :

“L'homme, en effet, n'est pas, pour les Autrichiens, un facteur homogène de production mais il est doté d'une capacité créative innée, de type entrepreneurial, de sorte que la croissance de la population, loin de supposer un frein ou un obstacle au développement économique est, à la fois, le moteur et la condition nécessaire pour qu'il se réalise. On a, en outre, démontré que le développement de la civilisation implique une division - toujours croissante - horizontale et verticale de la connaissance pratique, qui ne devient possible que s'il y a, parallèlement au progrès de la civilisation, une augmentation du nombre d'êtres humains capables de supporter le volume croissant d'information pratique utilisée au niveau social”

La civilisation ou l'ère du vide ? 

La conception autrichienne du marché comme processus de découverte a ainsi amené certains auteurs - parmi lesquels Hayek - à justifier l'augmentation de la population : plus les êtres humains sont nombreux, plus les opportunités découvertes seront nombreuses et, naturellement, il reste difficile de nier une telle réalité logique. Mais alors, que devons-nous faire de la société de masse ? D'ailleurs, Röpke est allé, dans son ouvrage Au-delà de l'offre et de la demande, très loin dans la critique de l'ère des masses, prenant parti avec les conservateurs américains comme Russell Kirk et allant même jusqu'à accuser ses confrères libéraux de connivence avec le collectivisme. Si les autrichiens pensent que le nombre d'individus est une condition de l'émergence de la civilisation, les ordolibéraux, eux, voient dans le surnombre de la seconde moitié du XX° siècle la fin de la civilisation. Les deux seuls éléments de la société moderne sont la masse et l'individu (en cela, Röpke est à distinguer de Gustave Le Bon ou d'Elias Canetti, qui ont pensé que la masse agissait comme un seul homme), conduisant à une désagrégation de la structure de la société et à l'avénement d'une (in)culture de masse, provoquant à la fois un recul de l'esprit d'indépendance et un déracinement de l'individu. L'ère des masses s'apparenterait ainsi à l'ère du vide.

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Video Uni TV : “Où va la droite?”, interview de Mathieu Laine

 

Mathieu Laine est avocat et essayiste. Il est notamment l'auteur de La grande nurserie et de Post-Politique (Prix Edgar Faure 2009).

 

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Le libéralisme a t-il sous-estimé la peur de la Liberté ? Interview de Catherine Audard

 

auton107829b846.jpgLa philosophe Catherine Audard (ENS, Agrégée de philo, Professeur à la London School of Enconomics) est une spécialiste de la mutation sociale du libéralisme (de Bentham, Mill et Rawls). Roman Bernard me déconseillait son dernier ouvrage : “c'est du rawlsisme bêta“: l'auteur allait jusqu'à considérer qu'Obama avait sauvé le libéralisme après l'ère Bush. Le blog Nicomaque a posté le 7 janvier une critique acerbe et évidemment très juste d'Alain Laurent. Pour comprendre davantage les propos de Catherine Audard, on peut trouver une interview à La Tribune, ici reproduit, qui, si elle semble maintenir une confusion malheureuse entre Liberalism anglo-saxon et Libéralisme continental, n'est pas dénué d'intérêt : malgré des références exaspérantes à Keynes et un rejet trop catégorique de Friedman, on remarquera un profond respect pour Hayek, une insistance sur les fondements philosophiques - et non économiques - du libéralisme et les divergences avec le républicanisme. La question qui se pose est de savoir quel impact de tels propos peuvent avoir : une récupération du libéralisme ou une évolution du socialisme ?

La Tribune : l'interrogation même du titre de votre livre “Qu'est-ce que le libéralisme ?” y fait référence : le terme de “libéral” est devenu si confus qu'il brouille le débat politique. Repoussoir “progressiste” pour les uns, “laisser-faire” égoïste et responsable de la crise actuelle pour les autres. Comment expliquer ce paradoxe ?

Catherine Audard : les raisons de ce paradoxe remontent à la fin XIXème siècle. S'interrogeant sur les dangers d'un socialisme non démocratique, sur le marxisme, le philosophe et économiste anglais John Stuart Mill remet en cause le “libéralisme classique”, celui du libre échange, du laisser-faire, et oblige les libéraux à repenser leur concept global. En particulier celui de liberté négative, uniquement soucieuse de protection des droits. C'est ainsi que naît, dans une période de crise morale et politique, le “nouveau libéralisme” social du XXème siècle, favorable à l'intervention de l'Etat. Ce grand mouvement d'idées se retrouve en France dans le solidarisme de Léon Bourgeois et chez les Républicains “libéraux”, en Angleterre, en Allemagne - Max Weber était un libéral, un libéral désespéré parce qu'il sentait que ses idées ne pourraient pas s'appliquer en Europe continentale et en Russie -, en Italie, et bien sûr aux Etats-Unis, où “le mouvement progressiste” a remis au centre le rôle de l'Etat. Cette tradition a culminé avec Lyndon Johnson et la “Great Society” des années 60 et la mise en place par le gouvernement de l'assurance-maladie (Medicare) dont on parle tant en ce moment. C'est pourquoi, aux Etats-Unis, le libéralisme est devenu synonyme d'intervention de l'Etat et que Hillary Clinton, pendant la campagne présidentielle, a pris soin de dire : “je ne suis pas libérale, je suis progressiste”. En Europe, l'évolution a été différente : le néolibéralisme des années 70 est une réaction à cette évolution du libéralisme vers le socialisme.

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L’extrait de la semaine : Allocution d’ouverture d’un colloque à Mont-Pélerin, Friedrich A. Hayek

Ces quelques lignes proviennent des Essais de philosophie, de science politique et d'économie de F.A. Hayek, publié aux Belles Lettres.

hayek1.jpg(…) La conviction fondamentale qui m'a guidé dans mes efforts est que si les idéaux qui, je le crois, nous unissent, et pour lesquels il n'y a pas de meilleur nom que libéralisme - en dépit des abus que ce terme a connus -, doivent avoir une chance de réussite, une grande tâche intellectuelle doit être accomplie. Cette tâche implique à la fois de purger la théorie libérale traditionnelle de certaines sédimentations malencontreuses qui s'y sont attachées au fil du temps, et d'affronter certains problèmes réels qu'un libéralisme caricaturé a négligés, ou qui ne sont apparus que depuis que le libéralisme a été transformé en une croyance stationnaire rigide.

J'ai été confirmé dans mon idée que telle est bien la situation prévalente par le constat que, dans de nombreux domaines, et dans de nombreuses parties du monde, des individus élevés dans des croyances différentes, et pour qui le libéralisme de parti n'avait que peu d'attrait, ont redécouvert pour eux-mêmes les principes de base du libéralisme, et ont essayé de reconstruire une philosophie libérale qui puisse faire face aux objections qui ont eu raison des promesses du libéralisme ancien aux yeux de nos contemporains.

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“Il est nécessaire de laisser le marché détecter et corriger ses propres erreurs” : interview de Jesùs Huerta de Soto

Traduction d'une interview de Jesùs Huerta de Soto, Professeur d'économie politique à l'Université de Madrid. Le texte en Anglais peut-être trouvé ici

Pensez-vous que la crise est bien gérée ?

Les autorités réagissent toujours aux récessions en augmentant la régulation. Ainsi, elles attaquent simplement les symptomes, non les causes. Si l'expansion du crédit continue, les entreprises pourront continuer d'investir dans des projets imprudents. Les banques centrales sont responsables de la bulle de la dernière décennie : elles injectent du crédit dans l'économie à un taux extrêmement bas, et les entrepreneurs se précipitent pour investir dans des projets inconsidérés.

Comment l'économie devrait-elle être ajustée si nous voulons aller de l'avant ?

expansionjesushuertadesoto.jpgLe marché corrige les erreurs de manière très efficace. En fait, 150.000 entreprises ont déjà déposé leur bilan et 150.000 autres vont peut-être bientôt disparaître. Pour l'éviter, l'économie doit être flexible, en particulier le marché du travail. Des millions de travailleurs qui étaient impliqués dans des investissements non viables doivent pouvoir trouver du travail dans des secteurs durables. Quand le chômage baissera de nouveau, aux environs des 5 millions de chômeurs, on pourra considérer que nous serons sortis de la crise. Les entreprises qui auront survécu seront les plus saines. Aujourd'hui, le problème est qu'embaucher un travailleur revient presque à se marier avec lui - voire pire encore, puisque maintenant les divorces express font qu'il est plus facile de se séparer de son épouse que de licencier un employé! Cette situation ralentit la r-entrée sur le marché du travail.

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What France still needs

 

couvtheeconomist1.jpgLe Figaro magazine a relayé largement l'information sur la face cachée de Margaret Thatcher, égratinant le mythe de la dame de fer et, sans doute de manière plus insidieuse, l'individualisme qu'elle prônait. Quoi de plus naturel que de deshumaniser celle dont la politique est qualifiée de foncièrement antisociale ? La couverture de The Economist - qui avait émue la droite libérale en novembre 2006 - est oubliée depuis longtemps… Mais, quoi qu'on puisse dire aujourd'hui sur cette femme, il faut bien admettre qu'elle avait de l'allure :

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La recherche de l’équilibre, par Maxime Zjelinski

 

Maxime Zjelinski, auteur du blog Le plouc du Midi, postait il y a quelques jours sur Expression libre un commentaire :

imgequilibreconfiance.jpgJ’ai parlé de la prétendue modération de la notion d’équilibre, et non d’un “prétendu équilibre”, car la recherche de l’équilibre, au fond, n’est jamais que l’affirmation absolue d’un moyen terme entre deux alternatives. Un absolu négatif, en somme. Pour ceux qui d’ailleurs contestent les diverses implications dudit équilibre, celui-ci n’a rien de modéré. Le point d’équilibre, c’est toujours “moi”, “mon idéologie”. Donc je ne pense pas que la recherche de l’équilibre soit un bon point de départ, ou plutôt j’y vois une superstition.

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L’extrait de la semaine : Conditions préalables et limites du marché, W.Röpke

 

Tout ce qui en ce monde est d’une valeur douteuse succombe à sa propre nature ; tout ce qui est bon succombe à son excès. L’esprit conservateur est une condition essentielle d’une société saine, mais on se rend coupable d’une démesure conduisant à l’engourdissement, si l’on se cramponne uniquement à la tradition, à l’histoire et à l’habitude. La prédilection du libéral pour le mouvement et le progrès est un contrepoids également indispensable ; elle aboutira pourtant, si elle ne se fixe comme limite le respect du durable et de ce qui doit être conservé, à la débâcle et à la ruine.

ropke2.jpgLa société réclame son droit aussi impérieusement que l’individu ; mais l’exagération du droit de la société dans le collectivisme est aussi à craindre que l’exagération du droit de l’individu dans l’individualisme et, à la limite extrême, dans l’anarchisme. La propriété succombe à la ploutocratie, l’autorité à la privation de liberté et à la domination brutale et à la démagogie. Quels que soient les tendances et les courants que nous choisissons comme exemples,  ils s’acheminent toujours vers leur autodestruction, s’ils se veulent absolus et ne tiennent pas compte des limites qui leur sont fixées. Le suicide est ici la cause parfaitement normale du décès. L’économie de marché ne fait aucune exception à cette règle.

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Un journaliste de Marianne et le Libéralisme

 

marianne250820071188371373.jpgTout le monde connaît Marianne, le journal socialiste qui n'ose pas l'avouer et qui confirme à chaque numéro sa médiocrité. Par exemple, Hervé Nathan, qui y est chef du service économie et social, griffonait sur Marianne 2 il y a un mois une chronique intitulée A l'origine, le néolibéralisme était Français !. Si le titre paraît séduisant, le contenu trahit malheureusement une méconnaissance totale et répandue du libéralisme, assez sidérante pour quelqu'un auteur d'un ouvrage intitulé Les bobards économiques et du blog antibobards

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Entretien avec un flic, lobbyiste pour la légalisation des drogues

 

Howard “Cowboy” Wooldridge est un Texan qui parle Français, policier à la retraite et représentant de COP (Citizens opposing prohibition) à Washington DC. Il est aussi connu pour avoir parcouru l'Amérique à cheval, de Los Angeles à New-York City en 2005.

Le gouvernement américain est engagé dans une guerre contre la drogue (war on drugs). Est-elle efficace ? 

untitled.bmpAbsolument pas. Après 40 ans, elle a coûté un trillion ($1,000,000,000,000) et n'a permis de récupérer que l'équivalent de $40,000,000. Aujourd'hui, les drogues sont moins coûteuses, plus dures et beaucoup plus disponibles. Le but du Président Nixon était de faire disparaître les drogues. Le contraire s'est réalisé.

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L’extrait de la semaine : les scolastiques espagnols du XVI° siècle, précuseurs du libéralisme

 

Les scolastiques du Siècle d'Or espagnol, précuseurs de l'Ecole autrichienne, in L'école autrichienne, marché et compétitivité entrepreneuriale - Jesùs Huerta de Soto (Editions Charles Coquelin).

jesushuertadesoto.gifSelon Friedrich A. Hayek, les principes théoriques de l'économie de marché, de même que les éléments fondamentaux du libéralisme économique, n'ont pas été conçus, comme on le croit généralement, par les calvinistes et les protestants écossais, mais sont, au contraire, le résultat de l'effort doctrinal des dominicains et des jésuites membres de l'Ecole de Salamanque au cours du siècle d'Or espagnol (Hayek, 1988 : 288-289). Hayek est même allé jusqu'à citer deux de nos scholastiques, Luis de Molina et Juan de Lugo, dans son discours de réception comme prix Nobel d'économie en 1974 (Hayek, 1976 : 19-20). Cet économiste autrichien commença à croire à l'origine catholique et espagnol de l'analyse économique autrichichienne à partir des années 50, grâce à l'influence du Professeur italien Bruno Leoni. Leoni convainquit Hayek que les racines de la conception dynamique et subjectiviste de l'économie étaient d'origine continentale, et qu'on devait, donc, les chercher dans l'Europe méditérannéenne et dans la tradition grecque, romaine et thomiste, plus que dans la tradition des philosophes écossais du XVIII° siècle (Leoni, 1995, 95-112). Hayek eut en outre la chance que, durant ces années-là, l'une de ses meilleures élèves, Marjorie Grice-Hutchinson, se spécialise en latin et en littérature espagnole et exécute, sous sa direction, un travail de recherche sur les contributions des scolastiques espagnols en matière économique, qui est devenu un petit classique (Grice-Hutchinson, 1952).

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La démocratie directe : ce débat qu’il serait utile d’avoir

 

Au-delà de la polémique sur l'Islam et de sa compatibilité avec les valeurs de l'Occident voire celles de la République, le référundum sur les minarets en Suisse devrait nous permettre de pousser plus avant une analyse sur la démocratie directe. Dans les dernières semaines, plus d'un acteur politique français s'est réjoui du régime représentatif de la République, qui serait en mesure de tempérer la fièvre populaire. La démocratie directe n'est pas en odeur de sainteté en France. Les études à son sujet sont rares et peu de monde saît qu'elle implique deux mécanismes, le référundum d'initative populaire et le veto, qui permettent aux citoyens d'être tout à tour des moteurs ou des freins au sein du processus législatif. Mais, justement, le site démocratie directe d'Yvan Blot, prix du livre libéral 2007, ancien parlementaire et membre de l'Inspection générale de l'administration, est d'un apport considérable.

herbertspencer.jpgD'ailleurs, dans son ouvrage Herbert Spencer, un évolutionniste contre l'étatisme, celui-ci cite l'auteur britannique : “La grande superstition politique du passé fut celle du droit divin des rois, la grande superstition politique du présent est la croyance dans le droit divin des parlements“. Naturellement, la situation dans l'Hexagone a dépassé ce stade d'adulation du régime d'Assemblée, en accordant le pouvoir réel à l'exécutif, auteur de plus de 90% des Lois, ce qui est tout aussi malheureux. Néanmoins, cette affirmation de Spencer pourrait mener à une remise en cause du régime représentatif au sens le plus large, régime qui n'a pas su garantir les libertés individuelles. La démocratie directe pourrait-elle être la solution ? Un certain nombre remarques, sans doute à l'état d'ébauches, peuvent être soulevées. Je remercie d'avance ceux qui me permettront d'affiner mon opinion.

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La droite (la plus stupide du monde) veut nationaliser internet

 

jacquesmyard3.jpgLa vérité est qu'aujourd’hui le réseau Internet est totalement pourri. Et quand je dis pourri, c’est que peut-être nous avons tous dans notre réseau Internet des chevaux de Troie qui vont se réveiller peut-être demain matin. C’est un réel problème (…) C'est un réseau qui n'est absolument pas sécurisé“. Les propos sont de Jacques Myard, député UMP des Yvelines, qui évoque ''une menace terroriste“. Alors évidemment, Myard n'y va pas par quatre chemins : il faut “nationaliser ce réseau” pour “avoir la capacité de mieux le maîtriser (…) les Chinois l'ont fait…» !

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Devrions-nous pratiquer un “nouveau” malthusianisme ?

 

malthus.jpgC'est un edito des Echos qui a posé mardi, sans complexe, cette interrogation ; sans doute heureux de choquer, un peu comme si s'encanailler était source de fierté. Le Fonds des Nations Unies pour la population vient en effet d'agiter le chiffre de 9 milliards d'être humains qui peupleront la planète à l'horizon 2050, liant changements climatique et croissance démographique. Celui-ci est clair : cette explosion démographique est un nouveau danger. Au-delà de mettre en péril le lien ténu entre ressources qui s'amenuisent et population, le Fonds affirme qu'une naissance signifie de nouvelles émissions de gaz à effet de serre. Les Nations Unies plaident ainsi pour un planning familial à échelle mondiale : il s'agirait de faire passer le taux de fécondité au-dessous du renouvellement des générations et d'opérer une révolution en matière de pensée démographique : la jeunesse ne serait plus considérée comme l'une des ressources principales d'une population.

Ayant eu l'occasion d'échanger il y a un mois quelques avis - de manière informelle et privée - avec une cadre de la Banque mondiale, de passage à Paris et de retour d'un colloque à Stockholm, je ne puis que corroborer ceux qui pointent du doigt les institutions internationales, véritables chapelles de la nouvelle bien-pensance: la bureaucrate en question se plaignait de ne pouvoir aborder qu'à demi-mots les problèmes d'alimentation à venir, de peur de susciter des troubles devant l'évidente nécessité d'imposer des politiques malthusiennes dans les pays les moins développés. Mais on ne s'étonne plus du fait que les bureaucrates jugent plus aisé de diriger que de libérer. Instinctivement, ils préfèrent contrôler.

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Les affiches des Tories

 

Alors que l'UMP sort un lipdub, voici les campagnes qui se font Outre-Manche, qu'un ami m'a gentiment envoyées:

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Europe : les calamités, par Michel de Poncins

Auteur de nombreux ouvrages, Michel de Poncins est Président de Catholiques pour les libertés économiques et anime le webzine Tocqueville Magazine.

vanrompuyvertica300.jpgLa dernière nouvelle concernant l'Europe est la nomination du Président de cet organisme, Herman Van Rompuy, et celle de la Britannique en qualité de chef de la diplomatie des 27. Les médias présentent, avec mépris, l'heureux Président comme une personnalité sans consistance alors qu'il va certainement se révéler, sans que l'on sache à l'avance si ce sera pour le meilleur ou pour le pire.

Le plus significatif est que l'Europe actuellement a en réalité deux Présidents. Outre le Belge qui vient d'être nommé, il y a le Président tournant tous les six mois : aujourd'hui Stockholm, demain Madrid puis, au premier juillet 2010, Bruxelles. Il faut compter en plus le Président de la commission, aujourd'hui Barroso, solidement accroché à son pouvoir et vrai maître de la manoeuvre. Cela va poser des problèmes de protocole plutôt réjouissants : faudra-t-il élargir toutes les portes pour que les trois Présidents puissent passer ensemble dans la porte sans se faire des croches-pieds ? Comment fera-t-on dans les fêtes multiples qui vont avoir lieu avec notre propre argent et qui devra ou pourra présider la table ? Au-delà du protocole, il y aura des batailles mémorables pour que chacun marque son territoire et obtienne sa part de butin personnel dans les immenses quantités d'argent prélevées par la force sur tout le continent.

C'est le moment d'analyser froidement et objectivement ce qu'est devenue l'Europe.

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Dis-moi ce que tu as lu, je te dirai qui tu es !

Jean Robin vient de me tagger dans une chaîne : Les cinq livres qui nous ont le plus marqué et pourquoi. L'exercice n'est pas chose aisée, d'autant plus que je voudrais déjà y ajouter un ouvrage que je potasse en ce moment même. Enfin je vais me satisfaire de mes lectures - qui seront toujours insuffisantes - pour faire suivre cette interrogation qui devrait, en même temps, me permettre d'apprendre pas mal de choses sur mes compères bloggers. Je serai curieux de lire les billets de PRM et d'Aurélien Véron. De mon côté, sans ordre de préférence ou chronologique :

Wilhelm von Humboldt - Essai sur les limites de l'action de l'Etat

humboldt1sized.jpgAssez méconnu malgré une réedition aux Belles Lettres, Humboldt a rédigé en 1792 et à 24 ans un ouvrage d'une maturité stupéfiante, traçant avec précision les travers de l'extension de l'intervention de l'Etat, alors que la France s'enfonçait dans la tyrannie jacobine: “Le soin de l'Etat pour le bien matériel de citoyens est nocif aussi parce qu'il s'exerce nécessairement sur une foule hétérogène, et il nuit ainsi à l'individu en définissant des règles générales, des règles qui ne s'appliquent à chacun qu'au prix d'erreurs considérables“.

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Videos contre la folie verte

 

La blogosphère frémit avec l'émergence d'un débat inédit sur la réalité du réchauffement climatique ou de l'influence de l'Homme, notamment grace à Objectif Liberté. Alors, histoire de ne pas être en reste, voici quelques clips particulièrement réussis du Competitive Enterprise Institute, dirigé par Fred Smith (un ancien cadre du Secrétariat d'Etat à la politique environnementale!) et acteur majeur de ce pugilat idéologique aux Etats-Unis. Lequel préférez-vous ?

 

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Publication d’essais inédits de Murray Rothbard et introduction à sa pensée

 

ss494.jpgUn ouvrage intitulé Rothbard against the philosophers, regroupant les notes écrites par Rothbard à la lecture de Friedrich Hayek, Ludwig von Mises, Leo Strauss, Michael Polanyi et de quelques autres, vient tout juste d'être publié par le Mises Institute, sous la direction de Roberta Modugno, Professeur de Science politique à l'université de Rome et Fellow du même think tank. On y trouve évidemment la critique formulée à l'encontre du principe de coercition de Hayek (que l'on retrouve en substance dans L'éthique de la liberté) ou encore celle du subjectivisme des valeurs, par laquelle il se range du côté de Leo Strauss, contre Hayek et Mises. D'ailleurs, ce thème était l'objet de l'intervention de Roberta Modugno à la Freedom Fest organisée par Liberté Chérie en septembre dernier :

(ceux qu'une video en anglais rebute trouveront des notes traduites ci-après)

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3 scandales pour l’Union européenne

 

illustrationleviathan.jpg Le Cri vient tout juste de sortir son premier hors-série : Le livre noir de l'Europe, listant pour l'occasion 80 scandales concrets. Des 20 machines à café à 5000€ l'unité aux subventions à des ponts qui ne mènent nulle part en passant par les projets invitant les jeunes européens à dessiner leur portrait avec une personne appartenant à une culture différente de la leur (pour 400.000€), Contrib' a sélectionné les délires fiscaux et les dépenses somptuaires les plus improbables… à en donner la nausée. Un travail fantastique qui permet de rappeler très sobrement que “l'Etat, c'est toi!” !

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Questionner la puissance et le PIB chinois

 

sanstitre.jpgEst-il possible de sourire devant la puissance chinoise alors que la majorité des commentateurs français restent ébahis devant elle ? L'exemple d'Ordo, une métropole pensée pour être parfaite mais demeurant inhabitée, véritablement fantôme, devrait les faire rougir. Alors que le PIB du pays tend à atteindre 8% cette année (!!!), il permet d'interroger la pertinence et la réalité de la croissance chinoise, totalement planifiée et dopée à grand coups de travaux titanesques : le décalage entre le ressenti (en Occident) et le progrès économique réel devrait se poser.

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Vidéos: Patricia Commun - Le libéralisme de Wilhelm Röpke

 

Commentaires de Madame Patricia Commun (ENS Ulm, Professeur à l'Université Cergy-Pontoise, Germaniste) :

L'influence de Wilhelm Röpke, son ouvrage Au-delà de l'offre et de la demande : 

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Madelin: “Nous avons un Président qui reprend une solution socialiste”

 

Beaucoup d'utilitarisme…  mais à défaut:

alainmadelinimagelarge.jpgNous avons un Président de la République qui reprend une solution socialiste alors que les socialistes appellent à la modération (…) Il n'y a donc pas besoin du grand emprunt pour financer des choses rentables. Oui, l'éducation est rentable à long terme, tout comme la recherche cellulaire. On est ici dans le domaine ordinaire de l'Etat. Ce n'est pas idiot de financer cela par l'Etat quand on en a les moyens. Mais lorsque l'on ne les a pas, c'est là que se pose la question. Si on devait choisir deux secteurs où l'investissement de l'Etat est nécessaire, deux peuvent être mis en exergue. D'une part, il y a la réforme de l'Etat. Il faut le recentrer sur son métier et c'est une opération coûteuse. Cela rapportera des fonds au bout de 3-4 ans. D'autre part, il y a la fiscalité. Pour motiver les gens à travailler, il faut qu'ils aient envie de créer. Si on taxe les gens à 80%, ils ne créent pas. A hauteur de 30%, ils se démènent. D'où une tendance générale aujourd'hui dans le monde à aller vers la “flat tax“”.

Pouvons-nous nous satisfaire d'un tel argumentaire ? Un tel utilitarisme est-il suffisant ?

Une dernière fois: n'oubliez pas la relance durable



Video: Pascal Salin vs. François Hollande

 

Débat entre Pascal Salin et François Hollande dans le Figaro Magazine sur la réforme nécessaire de la fiscalité (cliquez sur l’image):

salin1.jpgUne véritable refonte fiscale a été accomplie ces dernières années dans un grand nombre de pays, aux régimes et orientations politiques tout à fait différents, par exemple en baissant fondamentalement la progressivité de l’impôt sur le revenu. Ainsi de la Nouvelle-Zélande, dirigée par un gouvernement travailliste : il y a donc des socialistes capables de penser qu’il faut diminuer la progressivité de l’impôt ! La Nouvelle-Zélande est passée pour sa part de 66 % à 33 % en deux ans, avec pour résultat une grande expansion et un excédent budgétaire.”

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Welcome to Somalia !

 

Un peu d'autodérision:



L’Obamacare va à l’encontre de l’intérêt des plus démunis

 

6a00d83451eb0069e201287564ba0a970c.jpgAprès 5 mois de marathon politique et un vote à l'arraché à la chambre des représentants, l'Obamacare entre au Sénat. Naturellement, il est  difficile de critiquer un tel projet en France, tant l'habitude des projets collectifs, généraux et impersonnels, est ancrée dans les mentalités. Aussi, la complexité du projet n'arrange en rien les choses: le débat apparaît dans les quotidiens français comme un “pour ou contre Obama?“ pauvre de sens. Pourtant, il serait juste de souligner les effets que cette loi aura sur le marché du travail : comme le souligne le blog du Mises Institute, l'Obamacare est une taxe aux effets dévastateurs pour les travailleurs (en Anglais).

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