Affaire DSK: Quand un sage vous rappelle à l’ordre

Article publié le 1.06.2011. — Le Bulletin d’Amérique est resté en retrait du pugilat verbal entourant « l’affaire DSK ». Seul un article, dont on peut d’ailleurs regretter la rhétorique, a été publié la semaine passée sur ce sujet brulant. Pourquoi ce silence, ou plutôt ce murmure peut-être décevant ?

L’ennui d’évoquer un sujet traité par tous – qui ne pourra jamais nous appartenir – pourrait être une première justification. Mais l’hésitation l’est davantage… Ainsi, Benoît Toussaint m’avait conseillé d’écrire un éditorial, ce que je me suis empressé de faire. Après avoir tapé frénétiquement mon clavier, il était question de la vertu des hommes d’Etat et de la sauvegarde d’un régime libéral bien fragile. Finalement peu satisfait, je me suis retenu de le publier. Cependant, un nouvel élément me conduit à en reproduire aujourd’hui quelques lignes, et voici donc un extrait du texte auquel les lecteurs du Bulletin d’Amérique avaient jusque-là échappé :

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Entretien avec Pierre Manent: Strauss, Bloom et l’Amérique

Auteur de nombreux ouvrages* et familier de la vie des idées américaine, Pierre Manent a bien voulu recevoir Le Bulletin d’Amérique pour un entretien filmé. Revenant sur sa découverte de Léo Strauss et des Etats-Unis, il a jeté un regard à la fois critique et bienveillant sur ce pays.

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« Rompre avec les idées reçues sur les Etats-Unis »: podcast pour unmondelibre.org

Un Monde libre, le projet francophone de l’Atlas foundation, a diffusé le 27 avril le podcast d’un entretien, où furent évoqués la création du Bulletin d’Amérique, Daniel Bell et l’actualité américaine. Ecouter.
 



Après deux mois, premier bilan du Bulletin d’Amérique

abe2finallores.jpgDès son lancement il y a maintenant deux mois, Le Bulletin d’Amérique a voulu être une interrogation sur la réalité de la politique et de la pensée intellectuelle américaines. Devant les nombreuses inepties circulant sur les Etats-Unis, nous avons voulu dire — en plagiant deux grands penseurs avec un peu de prétention et de facilité que « nous savons que nous ne savons pas » et qu’il nous fallait, en conséquence, « passer de l’opinion à la connaissance ».

Nos contributeurs, depuis deux mois, offrent une vision lucide des Etats-Unis. 70 articles ont été publiés. Parmi ceux-ci, 30 traductions d’auteurs américains, dont la réputation n’est pas à refaire  de l’autre côté de l’Atlantique — comme Kenneth Weinstein, CEO de l’Hudson Institute, Joshua Muravchik, Professeur à l’Université Johns Hopkins, Diana Furchtgott-Roth, ancienne des administrations Reagan et Bush, Max Boot, du Council on Foreign Relations, ou encore George Weigel, de l’Ethics and Public Policy Center — ont renforcé notre capacité à mieux comprendre ce pays qui, du fait de sa complexité, garde encore une part de mystère.

Le Bulletin d’Amérique commence à obtenir des résultats: Wikio.fr, la référence de classement des blogs, vient de nous classer 37èmes en International, soit une progression de 60 places. Voici le Top 20, que nous avons reçu en avant-première:

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Entretien pour Nouvelles de France: « l’Amérique s’est réconciliée avec l’héritage reaganien »

Entretien pour Nouvelles de France, le 22 février 2011.

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Nouvelles de France : Comment expliquez-vous que Reagan n’ait jamais été aussi populaire qu’aujourd’hui ?

EC : Vous donnez une partie de la réponse : l’Amérique s’est réconciliée avec l’héritage reaganien. Désormais, Ronald Reagan est perçu comme l’homme d’Etat ayant guéri une Amérique alors en plein doute, qui sortait d’une décennie 70 marquée par l’échec du Vietnam, le deuxième choc pétrolier, etc. Son optimisme, son sens de la réalité et ses jugements moraux ont été perçus comme simplistes. Mais ce sont ces éléments qui font aujourd’hui de lui une personnalité historique chère aux Américains. Dans un sondage récent de CBS, 60% d’entre eux auraient une opinion favorable de Ronald Reagan – rappelons qu’il a été réélu en 1984 avec 59% des voix. On peut douter des sondages mais il va sans dire que se placer comme son héritier prend une dimension électoraliste. Sarah Palin a déclaré que Reagan était son modèle. Barack Obama, qui tente de se replacer au centre de l’échiquier politique, en rassembleur, lui a rendu un hommage appuyé.

NdF : Les idées de Reagan sont-elles toujours d’actualité à une époque où le capitalisme est attaqué de toute part et où l’Etat est perçu en Europe comme LA solution ?

EC : Les idées de Ronald Reagan ne se limitaient pas au capitalisme. D’ailleurs, il est  davantage célébré aujourd’hui pour son combat implacable, moral, contre l’URSS. Pour ce qui est de l’économie, on se rappelle sa formule « L’Etat n’est pas la solution à notre problèmes, il est le problème. » Il faut néanmoins rappeler qu’on oublie bien souvent le début de sa phrase : « Dans cette crise, l’Etat n’est pas la solution à notre problème, etc. ». Il n’était pas un anarchiste ! D’ailleurs, en pratique, d’après Chris Edwards, un analyste du CATO Institute, Reagan n’aurait réussi à réduire que de 5% le volume de l’Etat fédéral. En fin de compte, c’est très peu…

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Daniel Bell, penseur hors norme, s’est éteint

 

danielbell.jpgL’un après l’autre, les membres de la bande du New-York City College des années 40, l’« Harvard du pauvre », s’en vont : Pat Moynihan en 2003, Irving Kristol l’année dernière, Daniel Bell la semaine passée. Ce dernier, méconnu en France, a pourtant été l’un des sociologues les plus brillants de la seconde moitié du XXème siècle.

 En 1974, Charles Kadushin tenta de définir avec précision l’élite intellectuelle américaine[1] et rangea Daniel Bell parmi les dix penseurs les plus influents de l’après-guerre, aux côtés de Noam Chomsky ou de Susan Sontag et devant Hannah Arendt. Ce ne fut naturellement pas sans raison. On lui doit trois ouvrages majeurs, qui sont autant de concepts marquants : La fin de l’idéologie (1960),  son seul livre traduit en Français, qui prédisait une société à la fois post-marxiste et post-conservatrice, La venue de la société post-industrielle (1973), soulignant l’essor d’une société fondée sur la technologie et dominée par une techno-élite, et Les contradictions culturelles du capitalisme (1976), où l’on peut saisir que celui-ci admettait une confrontation entre une économie bourgeoise et une culture anti-bourgeoise remettant en cause l’éthique protestante.

Des rues de Manhattan à Harvard en passant par « The Public Interest »

Né en 1919 dans le Lower East Side de New-York, orphelin de père à huit ans et fils d’une famille d’immigrés juifs polonais, il connut l’existence difficile d’un enfant de la Grande dépression, vivant de petits larcins sur les étalages. Rétrospectivement, il vit dans ce vécu les origines de ses recherches à venir : « je voulais savoir, simplement, pourquoi cela devait arriver. C’était inévitable que je devienne sociologue »[2].

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« Il reste la Démocratie libérale. C’est cet élément qui peut sauver l’Amérique »

Le site Nouvelles de France a lui aussi été intéressé par la création du Bulletin d’Amérique. Entretien:

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Nouvelles de France: Quel est l’objectif du Bulletin d’Amérique ? Quel public visez-vous ?

EC: Le Bulletin d’Amérique aimerait avant tout être une interrogation sur la politique américaine, alors que les réponses les plus aberrantes circulent trop souvent à ce sujet. En plagiant deux grands penseurs, avec à la fois un peu de facilité et de prétention, j’aurais envie de dire que « nous savons que nous ne savons pas » et que nous tenterons de « passer de l’opinion à la connaissance ».

Cependant, nous sommes partis d’un constat : parce qu’un penchant jacobin incite souvent en France à se concentrer sur les institutions centrales (les partis, l’exécutif, les grandes universités), nous manquons souvent l’essentiel. Par exemple, il a fallu attendre plusieurs mois avant que les media français saisissent l’indépendance du mouvement Tea Party vis-à-vis du Parti républicain – et je ne parle même pas du reste. Parce que nous sommes habitués à voir notre histoire écrite par l’Etat, il semblerait que nous soyons incapables de percevoir qu’un peuple puisse tenter de prendre en main, librement et avec responsabilité, son destin politique. Afin d’éviter de tels errements, un effort sera fait pour donner la parole à des auteurs ou personnalités peu connues en France, issus d’instituts indépendants.

NdF: Politiquement, comment se situera-t-il ?

EC: Du côté du réalisme. La colère comme la fascination béate sont mauvaises conseillères. Il y a certes une admiration envers les Etats-Unis. Comment ne pas l’être devant ce pays qui a su projeter l’exemple de la cité grecque à l’échelle de son territoire ou qui semble né par et pour la Liberté ?

Naturellement, tout n’est pas idyllique dans ce pays. Cependant, les contributions d’auteurs qui divergent par leurs centres d’intérêts – de la Philosophie à l’économie en passant par la géostratégie – comme par leurs penchants politiques, devraient permettre de proposer une alternative à la culture mainstream, qui plaît à tous et à personne à la fois et qui n’a de culture que le nom. Si je devais trouver un dénominateur commun aux auteurs, disons qu’ils ont une sainte horreur du nihilisme et une attirance particulière à l’endroit de la Liberté.

NdF: Il est devenu courant d’entendre en France que le XXIème siècle serait le siècle des géants asiatiques et celui du déclin de l’Europe mais aussi des EU : partagez-vous ce constat ou jugez-vous qu’on enterre un peu vite les EU ? Qu’est-ce qui peut expliquer ce constat selon vous ?

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« Le phénomène politique a pris une dimension nouvelle aux Etats-Unis »

Interview pour le site Enquête & Débat, intéressé par la webrevue Le Bulletin d’Amérique:

Enquête & Débat : Pouvez-vous nous présenter cette nouvelle webrevue ? Pourquoi cet intérêt pour les Etats-Unis ?

Edouard Chanot : Le Bulletin d’Amérique est un projet de l’Institut Coppet. Parce que trop d’inepties circulent en France au sujet de la politique américaine, il nous est apparu utile de nous interroger sur sa réalité. Il faut comprendre qu’elle ne se limite pas au clivage entre républicains et démocrates. Cette dichotomie est réductrice. Elle pousse de nombreux media français sur de mauvaises pistes. Par exemple, il a fallu plusieurs mois avant que ceux-ci comprennent que le Mouvement Tea Party était indépendant du parti républicain. C’est bien pour ça que Le Bulletin d’Amérique tâchera d’offrir un nouveau regard sur les Etats-Unis, en donnant la parole à des auteurs et chercheurs issus de la société civile.

Des questions essentielles se posent aujourd’hui. Irving Kristol écrivait dans les années 70 que l’Amérique, globalement, était marquée par une homogénéité idéologique étonnante. Un peu plus tard, dans les années 90, la Présidence Clinton ne rompait pas totalement avec l’héritage de la révolution reaganienne. Mais il semblerait que le progressisme, qui remet peu à peu en cause, depuis une cinquantaine d’années, l’identité américaine, ait atteint un stade crucial avec l’élection de Barack Obama. Beaucoup de commentateurs européens percevaient les Etats-Unis comme un pays dédaigneux du Politique. Désormais, on se rend compte que le phénomène politique y a pris une dimension nouvelle, ils se le réapproprient.

E&D : Est-ce une webrevue pro-américaine ?

EC : (Rires) Le pro-américanisme a bon dos. C’est bien souvent un outil rhétorique utile pour discréditer un adversaire. Le « pro-américanisme » pourrait ne plus avoir aucun sens : il est certes possible de trouver des constantes dans la politique des Etats-Unis – une certaine confiance envers le libre-marché, la capacité individuelle et l’affirmation de l’intérêt américain sur la scène internationale. Mais, je viens de le souligner, cet héritage est remis en cause et le Politique a pris une nouvelle dimension.

Les Etats-Unis demeurent une démocratie libérale : les opinions qui y sont exprimées et les actions publiques qui y sont menées sont multiples et quelquefois contradictoires. Donc le « pro-américanisme » peut se révéler aujourd’hui un positivisme absurde. Le Bulletin s’attachera à comprendre l’Amérique comme un phénomène politique complexe.

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Nouvelle webrevue: Le Bulletin d’Amérique

 

Editorial inaugural du Bulletin d’Amérique, webrevue de politique américaine:

decline1.jpgL’Amérique est en crise. Entre les attentats du 11 septembre 2001 et la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, elle est entrée douloureusement dans le XXIème siècle. La défiance à son encontre a été poussée à son paroxysme ; l’opinion publique internationale a jeté l’anathème sur la guerre en Irak et les vices de Wall Street. Jamais les Etats-Unis et la France ne sont apparus aussi dissemblables et, pour certains, l’élection de Barack Obama devait tout résoudre. Mais les contestations du Tea Party semblent avoir eu raison de l’enthousiasme qu’il avait fait naître tandis que, pendant ce temps et à l’autre bout du globe, l’essor des puissances asiatiques redessine les équilibres mondiaux.

Pourtant, ayant projeté l’exemple de la Cité grecque à l’échelle de son territoire, l’Amérique est indéniablement une démocratie unique dans l’Histoire. Elle s’est aujourd’hui appropriée le politique, alors qu’on la croyait dédaigneuse des luttes idéologiques –sans doute du fait de l’étonnante homogénéité philosophique dont elle avait fait preuve jusque-là.

Qu’en est-il donc de la première puissance mondiale ? Sommes-nous réellement entrés dans une post-américanité ? Quelles mutations vont suivre son modèle, sa prospérité, sa sécurité ? Quel sera l’impact de ces  changements sur l’Occident et le monde En définitive, les Etats-Unis gardent encore une part de mystère et la société de l’immédiat que nous connaissons ne saurait empêcher les curieux d’aller au fond des choses. Le bulletin d’Amérique se promet ainsi d’analyser la politique, la société, l’économie ou le monde des idées de ce pays. La parole sera donnée, à travers des ch roniques et intervi ews, à des chercheurs ou journalistes américains comme français, avec une attention toute particulière à ceux qui sont issus de la société civile.

(suite…)



Video: quelques commentaires sur le Tea Party



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